JOGGING INTERNATIONAL CT

Chartreuse Terminorum dans JOGGING International – Août 2017

JOGGING International a réalisé un beau reportage sur Chartreuse Terminorum ! Je vous invite à découvrir ici des extraits de l’article paru dans le N° 394 d’Août 2017 😉

CHARTREUSE TERMINORUM nouveau chapitre

TRAIL, tous finishers

La Barkley, le trail le plus dur au monde. Seuls quinze coureurs l’ont terminée depuis sa 1ère édition, en 1986, aux Etats-Unis. Inspiré par son expérience personnelle, Benoît Laval a créé sa cousine en France : la Chartreuse Terminorum.

TERMINORUM : La course sans pitié

« Tu es sale, tu es moche, ça fait mal au-delà de l’imagination. Et tout dans ton âme crie pour trouver un soulagement, pour dire « Non, arrête ! (…) Nous avons assez fait, nous avons combattu, nous avons souffert, nous sommes seuls. » Si Gaëtan choisit le confort, le soulagement sera immédiat. Mais il se souviendra toujours qu’il a abandonné. Ce type de moment ne se produit qu’une seule fois. Et il n’y a aucune garantie que ce choix se présentera un jour de nouveau devant lui. Tu es moche, tu es sale, c’est pénible…et cela ne garantit même pas le succès. Mais Gaëtan Janssens a une chance. Trente-six coureurs ont commencé hier. Tous espérant vivre ce moment. Seul Gaëtan a la malchance de le vivre. Laz. »

Lazarus Lake, alias Laz, a honoré la Chartreuse Terminorum de sa présence emblématique. L’œil aux aguets, le créateur de la mythique Barkley n’a cessé d’observer les concurrents.

La lettre de Laz

Lorsque Gaëtan Janssens, le dernier « survivant » de la Chartreuse Terminorum, lit la lettre de Lazarus Lake, le créateur de la Barkley originelle, son visage est creusé, ses pieds sont fourbus. L’homme a déjà deux boucles de 60 km dans les jambes, sur les cinq qui figurent au programme. Son regard glisse sans les voir sur les gens qui l’entourent.

Le murmure de Benoît

Les smartphones et les caméras immortalisent l’instant. Il règne un étrange silence sur la scène, malgré la petite foule qui entoure le héros, taiseux comme un moine chartreux. Seul le murmure de Benoît Laval, l’organisateur, s’immisce dans ce calme quasi sacré. « c’est génial de vivre ce genre d’instant. », chuchote Alexis qui a rallié le camps de base en pleine nuit après 19 heures passées sur les sentiers. Ses yeux pétillent, son sourire en dit long sur son bonheur d’être ici.

Benoît Laval, grand-chantre de l’évènement

Jeudi 1er juin, Saint-Pierre de Chartreuse, en Isère. Les lieux ne paient pas de mine : une esplanade de gazon impeccable, quelques cahutes en bois, deux ou trois petits chapiteaux. Les heureux élus se succèdent auprès de Benoît Laval, grand-chantre de l’évènement. Ils évoquent leur parcours d’homme et de coureur, puis déposent sur la table les présents requis par le règlement : une plaque d’immatriculation, une mignonette d’alcool, une bière ainsi que des produits de leur région.

Un défi insurmontable

Puis, ils prennent connaissance du parcours dessiné sur une carte IGN, avant de le retracer minutieusement sur leur propre document, tels des moines copistes. Armés d’un roadbook, ils partiront bientôt à l’assaut d’un défi qu’ils tiennent pour insurmontable. « Nous savons que nous ne serons pas finishers, mais nous sommes venus chercher nos limites physiques et mentales, explique Alexis. A chaque intersection, il nous faudra faire un choix. Nous utiliserons notre tête en permanence et c’est cela qui promet d’être le plus fatigant. »

Le départ peut être donné entre minuit et midi, le vendredi 2 juin. Autant dire que la dernière nuit ne s’annonce guère sereine. Seuls Benoît et Laz, qui a fait spécialement le déplacement depuis le Tennessee pour assister à la naissance de cette cousine européenne, savent à quelle heure résonnera le clairon.

Abandonner ou repartir…

Gaëtan achève son deuxième tour au bout de 29 h 16 min 5 s de course. Scruté par une cinquantaine de regards, il a le choix : abandonner ou repartir pour la 3ème fois dans cette galère volontaire.

Un moine chartreux prend sa tête entre ses mains

Bientôt, les choses se compliquent, le jeu de piste entre amis se transformant rapidement en chemin de croix. « A partir de l’ancienne distillerie de chartreuse, que nous avons atteinte vers 14h, la chaleur est devenue pesante. Et puis, il y a eu l’erreur de parcours. », confie Alexis. « Nous avons rencontré un moine qui a pris sa tête entre ses mains quand nous lui avons raconté ce que nous étions en train de faire. »

La génèse

Benoît Laval, fondateur et dirigeant de l’entreprise RaidLight, mais aussi traileur et ex-raideur émérite, postule à la Barkley 2016. Et sa candidature est retenue.

Séduit par le concept et l’état d’esprit de l’épreuve, l’idée germe alors dans son esprit : créer une Barkley à la française, dans son terrain de jeu quotidien, la Chartreuse, fortement empreinte d’histoire monastique et culturelle.

C’est ainsi qu’est née la Chartreuse Terminorum, encore plus longue que sa cousine américaine, mais moins technique : cinq tours de 60 km à boucler en 80 heures au maximum (contre cinq boucles de 20 miles – 32 km – à parcourir en moins de 60 heures dans le Tennessee), sans balisage ni GPS ni assistance.

Epreuves absurdes pour certains, la Barkley et la Chartreuse Terminorum s’affirment néanmoins comme le reflet de la vie : à chaque intersection, à chaque obstacle, à chaque souffrance, nous avons le choix. Le plus difficile est, en fait, de décider.

JOGGING International : le magazine n° 1 de tous les coureurs.

Share This:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *